jeudi 10 novembre 2016

prendre son destin en main collectivement


Tous les peuples de la planète ont regardé les élections américaines comme si c’étaient leurs élections. Le monde entier a vibré d’émotion devant les résultats affichés mercredi matin 9 novembre : Contre toutes les prévisions des instituts de sondage, contre tous les journaux des Etats-Unis et d’ailleurs qui dominent la scène médiatique : le candidat Donald Trump a été élu en Amérique. Celui qui était traité d’imposteur, menteur, fou dangereux, démagogue est devenu le nouveau président de la première puissance du monde.
Si nous avons suivi cette élection américaine comme si elle était aussi la nôtre, c’est parce qu’il y a là une réalité : oui le président des Etats-Unis est d’une certaine façon le président de l’humanité tout entière. Car c’est le plus souvent aux Etats-Unis que se décide notre avenir. Celui de la guerre ou de la paix. Le destin des nations, de régions entières du monde, se joue dans le bureau ovale de la Maison Blanche. Le destin de milliards d’individus est fixé à Washington, sans qu’aucun d’entre eux ait le moindre poids sur les décisions.

Mais qui décide exactement de notre destin ?
Obama avait promis de changer la donne politique il y a 8 ans. Il avait été élu pour cela : réduire la grande pauvreté, apporter plus de bien-être au peuple américain, stopper la désindustrialisation en cours, lutter contre la racisme, garantir les soins médicaux pour tous, rendre gratuites les études, contrôler les activités bancaires, sauvegarder l’environnement et lutter contre le réchauffement climatique, etc, etc.
Obama symbolisait cette promesse américaine d’un autre possible, d’une maîtrise de notre destin par une volonté politique affirmée. Il prônait pour le monde la résolution des conflits par la négociation. Par exemple le peuple palestinien a beaucoup espéré en Obama.
On peut penser qu’Obama était honnête quand il promettait plus de justice, plus de solidarité, plus d’égalité. Lorsqu’il parlait d’une mondialisation heureuse et équilibrée.
8 ans après, l’échec d’Obama est patent. Et cet échec a accouché de Trump, un milliardaire aventurier, imposteur et dangereux.
Obama n’a rien pu faire de véritablement nouveau. Il était face à des lobbys d’une puissance extraordinaire, face à des entreprises financières gigantesques, plus puissantes que les Etats, il était face à des oppositions permanentes.
Alors la question légitime est celle-ci : comment se fait-il que l’homme le plus puissant de la planète soit aussi impuissant à résoudre les difficultés ?
Parce que le vrai pouvoir n’est pas là, à la Maison blanche ou à l’Elysée, et le plus souvent un président n’est que le fondé de pouvoir de ces puissances qu’il représente.
Hillary Clinton était la quintessence même de la candidate au service de ces puissances, des élites. Et si d’aventure un homme politique s’amusait à résister face à ces puissances, il comprendrait vite que ses marges de manœuvre sont infimes. Et il nous expliquerait qu’il ne peut rien faire, que les réalités sont là.
Alors que fera Trump ? Que pourra-t-il faire ?
Le repli national qu’il prône, l’érection d’un mur contre la Mexique qui existe déjà en grande partie, le renvoi de millions de travailleurs venus d’Amérique latine, toutes ces propositions démagogiques, seront bien évidement lettres mortes, des promesses de campagne pour un peuple en grande difficulté et qui reporte son malheur sur l’étranger, le bouc émissaire. Le destin politique de Trump sera identique aux autres : une énorme déception du peuple face à l’impuissance d’un homme soi-disant le plus puissant du monde.
On pourra s’en féliciter, les gardes fous institutionnels vont se mettre en place. Et Trump lui-même trahira ses promesses si dangereuses.

Alors la seule question qui vaille en ce lendemain des élections : Comment faire pour que les choses changent réellement ?
Seule une prise en main collective de notre destin fondé sur une espérance d’un autre monde possible pourra changer réellement les choses. 
François Baudin

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