jeudi 8 décembre 2016

Réflexions sur Alep assiégée



Réflexions sur Alep assiégée.
Le martyre des populations civiles assiégées à Alep en Syrie rejoint à travers l’histoire Stalingrad, Varsovie, Guernica, Gaza et bien d’autres villes qui résonnent dans nos mémoires comme un long cri que l’homme adresse à son frère pour qu’il vienne à son secours.

Mais que peut-on faire ?

Le réveil des peuples qu’on a appelé Printemps arabe voulait mettre à bas les dictatures soutenues depuis toujours par les grandes puissances. Les mouvements populaires en 2011 et 2012 qui ont rassemblé sur les places et dans les rues des millions de personnes enthousiasmées par un autre monde possible, ont produit au fil des années l’inverse de ce que les peuples souhaitaient. L’aspiration à plus d’égalité, de liberté, de démocratie s’est transformée par la manipulation de certains en fanatisme religieux, fascismes à formes multiples, crimes commis contre les peuples, retour des anciennes dictatures.
Des guerres continuelles ont divisé ces pays devenus la proie de criminels, la proie de puissances régionales qui considèrent ces territoires où tout Etat a disparu comme leur aire de jeu. Dans ces territoires devenus des friches où le droit a disparu, l’ombre des grandes puissances plus que jamais présentes, continue de planer telle une menace venant assombrir tout horizon de paix
La guerre dans cette partie du monde n’a pas cessé depuis l’invasion illégale de l’Iraq en 2003 par les Etats-Unis, semant la mort, la famine, la dislocation de régions entières, la disparition de peuples historiques qui vivaient dans ces régions depuis des millénaires. L’histoire récente du Moyen-Orient symbolise à elle seule l’histoire du monde où la guerre n’a jamais été éradiquée.

Aucune solution de paix n’apparaît. Les forces en présence dans ces conflits sont sans cesse réalimentées par d’autres forces qui viennent rajouter de la guerre à la guerre.

Alors que faire ? Notre sentiment d’impuissance est si grand, que la lassitude risque de s’emparer des meilleures volontés.

Pourtant à l’issue du second conflit mondial en 1945, les anciens belligérants ont décidé de ne plus jamais revoir de telles désolations. Ils ont eu pour projet collectif d’instaurer une paix perpétuelle, au moins en préparer les conditions en créant l’Organisation des Nations Unies (ONU) dont le but premier était de maintenir la paix, régler préventivement les conflits, privilégier la négociation collective, instaurer une législation internationale fondée sur le droit et la souveraineté des peuples.

Les grandes puissances victorieuses en 1945 ont voulu par-dessus tout conserver et même augmenter leur influence. Il était hors de question que les peuples puissent se gouverner eux-mêmes ; les puissances ont tout fait pour continuer de se partager le monde et le dominer.

La création du Conseil de Sécurité de l’ONU avait cet unique objectif : non pas agir préventivement contre les conflits, mais maintenir les grandes puissances en place, conserver leurs intérêts. Le bilan historique du Conseil de sécurité est terrible : jamais aucun conflit n’a pu trouver une solution juste grâce à son action. Au contraire. Citons l’exemple du  peuple palestinien qui a toujours vu ses aspirations légitimes niées. Aujourd’hui à Alep en Syrie, c’est le Conseil de Sécurité des Nations Unis qui bloque toute solution de paix.
Le droit international ne pourra jamais être mis en œuvre sous l’égide d’un Conseil restreint et ne représentant que les intérêts des grandes puissances.
Il est urgent de réformer l’Organisation des Nations Unies, de dissoudre ce Conseil de sécurité, responsable de la situation actuelle du monde, et donner la direction des affaires internationales à l’Assemblée Générale des Nations Unies qui doit représenter l’ensemble des peuples de la planète.


François Baudin

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