vendredi 23 octobre 2015

Paix en Palestine



Depuis des décennies, Israël a signifié au peuple palestinien qu’aucune solution juste et durable n’est envisageable. Aucune négociation possible. Selon les gouvernements israéliens la seule solution pour la Palestine est de disparaître purement et simplement de la carte des nations. Contre tout droit international, le gouvernement israélien entend disposer totalement d’un pays.

Les droits fondamentaux d’un peuple à accéder à une terre, à disposer d’un pays, ont été quotidiennement bafoués par ceux-là même qui se réclament du droit et de la démocratie pour mieux masquer leur politique de prédation.
Il n’est pas une journée sans que la terre de Palestine soit prise, amputée, martyrisée, colonisée ; pas un jour sans que des maisons palestiniennes soient détruites ou occupées par des colons, sans que des Palestiniens soient humiliés, contrôlés et tués si d’aventure ils résistent pacifiquement à l’oppression, au racisme, à l’apartheid. Le terrorisme d’Etat pratiqué par Israël ne soulève aucune véritable condamnation internationale et il semble que l’impunité soit la règle.
La situation aujourd’hui en Palestine est dramatique. Seuls contre des forces répressives terribles et surarmés, les Palestiniens ne peuvent rien faire. Le moindre déplacement leur est interdit. La moindre manifestation pacifiste se solde dans la plupart des cas par des morts et des blessés. Des milliers et des milliers de Palestiniens sont emprisonnés sans jugement. Ils croupissent et meurent derrière des barreaux.
Cette situation sans issue, sans espoir, génère une angoisse incommensurable parmi la population palestinienne, notamment parmi les jeunes. Aujourd’hui cette angoisse se transforme en rage, en violence suicidaire pour une partie d’entre eux. Rien de surprenant. La série d’actes individuels était largement prévisible. Elle est le signe du désespoir de tout un peuple prisonnier et abandonné dans sa détresse. C’est un appel au secours.

Pour justifier sa politique répressive Benjamin Netanyahu met de l’huile sur le feu. Il exacerbe les tensions. Il va même, comme cette semaine, jusqu’à accuser les Palestiniens du génocide des juifs pendant la guerre. Exonérant ainsi les nazis de leur responsabilité. Mais Angela Merkel a rétabli la vérité. « L'Allemagne a eu une responsabilité «inhérente» dans l'extermination systématique des Juifs d'Europe ». Telle est la mise au point de Berlin après la sortie du Premier ministre israélien qui a dédouané les Nazis du crime, accusant le Mufti de Jérusalem. C'est par la voix de Steffen Seibert, le porte-parole de la Chancelière que la mise au point est venue: «Je peux dire au nom du gouvernement que, nous Allemands, connaissons très exactement l'Histoire de l'avènement de la folie raciste meurtrière des nationaux-socialistes qui a conduit à la rupture civilisationnelle de la Shoah».
Mais tout est bon pour le premier ministre israélien, révisionniste de l’histoire de la Shoah.

Netanyahu invoque aussi la légitime défense. Le droit de porter une arme pour tout Israélien a été étendu à tout le monde. Le droit à la sécurité donne à tout Israélien qui se sent en danger, l’autorisation de tuer. C’est d’ailleurs ce qui se passe actuellement et on a pu assister à de véritables lynchages et à des meurtres filmés en direct.
Des femmes et des enfants sont ainsi abattus dans les rues parce qu’ils avaient eu le malheur de croiser un individu qui s’était senti en danger.
Saluons le courage de quelques Israéliens, de plus en plus nombreux d’ailleurs, qui dénoncent cette situation, demandent des négociations et exigent un Etat pour les Palestiniens dans des frontières sûres et reconnues.
Ces derniers jours des manifestations ont eu lieu dans des grandes villes israéliennes pour réclamer une justice pour les Palestiniens : plusieurs centaines à Tel Aviv, 3000 personnes à Nazareth, 5000 à Jérusalem, 20 000 à Sakhim. La mobilisation d’Israéliens est croissante.
Vingt ans après les accords d’Oslo, l’espoir d’une paix durable fondé sur la justice doit renaître dans cette région du monde que nous aimons tant. Il est du devoir des nations d’imposer à Israël une autre politique fondée sur le droit.


François Baudin

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