jeudi 6 juillet 2017

Le temps des jours heureux



La période des vacances d’été débute aujourd’hui, le temps des jours heureux qu’on retrouve chaque année. Etre en vacance c’est être libre, ne pas travailler, avoir du temps devant soi. Avoir du temps pour autre chose. Ce temps qui manque le plus souvent. Mais que faire pendant ces jours qui sont une rupture d’avec le quotidien ? Pour certains, la question ne se pose pas. Les vacances sont programmées de longue date. On ira comme l’année précédente en famille, chez des parents, retrouver des amis, reprendre la même location au bord de la mer, en montagne. Le bonheur de ces jours tant attendus est déjà apprécié par anticipation.

Les vacances répondent à un besoin partagé : elles permettent de resserrer des liens, de vivre autrement, de mettre en œuvre des projets, de se renouveler, se rencontrer, respirer un peu, se cultiver, ou tout simplement se reposer et se retrouver avec soi-même. C’est un temps disponible où beaucoup de choses sont possibles : temps du partage, du dépaysement, temps de l’évasion et de la découverte. L’homme a le sentiment que ce temps lui est donné comme une grâce.

Aujourd’hui, les vacances paraissent naturelles. Ce qu’en réalité elles ne sont pas. La possibilité pour les plus nombreux, les salariés, les agriculteurs, de partir quelques jours, a toujours été l’objet de luttes et de revendications. Depuis des années à cause de la crise, deux millions et demie de nos compatriotes ont renoncé à partir. Moins de 30 millions de Français ont séjourné au moins une nuit pour leurs loisirs dans un hébergement, soit 3 millions de moins qu'en 2012. Des niveaux historiquement bas ont ainsi été atteints parmi les classes moyennes et les familles plus modestes. Un enfant sur trois reste chez lui en attendant de retourner à l'école. Dans notre pays, plus de deux millions d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté.

Tout l’été, les bénévoles du Secours Catholique et du Secours Populaire offriront aux enfants, aux personnes seules comme aux familles, aux retraités comme aux jeunes, l’occasion de s’évader quelques jours ; que ce soit en famille, en colonie, en village de vacances ou lors des Journées des oubliés des vacances. « Nous travaillons tous les jours à créer des jours heureux», déclarait l’année dernière Julien Lauprêtre, responsable du Secours Populaire. Deux mille enfants vivront un temps de vacances dans le cadre de l’Accueil familial organisé par le Secours Catholique. Des familles accueillantes prennent trois semaines de leur temps pour recevoir un enfant et partager avec lui ce moment de détente. Rencontre et découvertes pour chacun sont les richesses de cette action, explique le Secours Catholique.

Les liens ainsi créés entre les enfants et les familles durent parfois très longtemps. L’Accueil Familial du Secours Catholique permet à des enfants, dès l’âge de six ans et jusqu’à leur majorité, d’accéder à des vacances grâce à une famille qui souhaite « partager ». Devenir famille de vacances, c’est donner à un enfant la possibilité d’accéder à un temps privilégié de détente, de loisirs, de découverte et d’échange. Et réciproquement c’est permettre à une famille de s’enrichir par la rencontre, l’accueil et le partage.
Pour en savoir plus sur cette possibilité d’accueil, on peut contacter les Secours Catholique ou le Secours populaire. Une idée pour vos vacances : proposer d’accueillir des enfants. Bonnes vacances à tous

jeudi 29 juin 2017

L’hypertélie présidentielle

En philosophie, il existe un concept que notre nouveau président Macron qui se prétend lui-même philosophe, devrait méditer à ses heures perdues. Celui d’hypertélie. De quoi s’agit-il ? L’homme de par sa double capacité très développée d’imaginer, d’anticiper et de raisonner, est sujet à l’hypertélie. L’hypertélie en langage courant se nomme la « grosse tête ». Pour les éthologues, l’hypertélie est le symptôme d’une désadaptation, un peu comme les bois trop grands d’un cerf peuvent être une gêne pour vivre et bondir en forêt. Tout simplement pour survivre.
Ce qui était un avantage devient un risque mortel et le cerf coincé dans des branches à cause de ses bois gigantesques finira par mourir seul.
L’hypertélie est une modification évolutive exagérée d’un organe qui se transforme en handicap et mène à la mort, à la disparition.
Homo sapiens, homo démens. L’homme qui pense avoir tous les pouvoirs, qui se voit comme le maître du temps et des horloges, réglant la vie de chacun d’entre nous tel Jupiter dans son Olympe, est un homme de la démesure.
Dangereux pour lui et pour ses sujets : ce type d’homme ne peut mener un pays qu’à la ruine. L’homme qui se voit comme le roi de la création, le roi de son pays, qui se voit comme la lumière du monde est voué à la disparition.
Hubris, arrogance funeste, orgueil démesuré, sentiment de supériorité : tout cela mène irrémédiablement à l’erreur, à la faute. Un homme atteint d’une telle maladie, se condamne lui-même.
L’hypertélie humaine se caractérise par le fait de se considérer soi-même comme le centre et chacun pris isolément comme le centre du centre.

Cette semaine, nous avons assisté à une première démonstration du risque que chacun ressent dans son for intérieur. Cet homme, élu président par une minorité de Français peut être un individu dangereux pour la démocratie. Avec moins de 15% de votants au premier tour, un individu devient président de tous les Français. Avec un tiers des voix, les candidats macronistes obtiennent les trois quart des sièges à l’Assemblée.

Nous l’avions déjà pressenti lors de la campagne électorale : quelque chose n’allait pas pour ce jeune candidat, une forme d’hystérie dans le comportement devant des foules assemblées en meeting, des gestes incantatoires, un visage d’illuminé. Il voulait nous vendre une épopée qui n’a rien d’héroïque puisque inspirée par une ancienne religion : celle de l’ultra libéralisme. C’est nous faire passer des orviétans pour de bons médicaments. Rien de rassurant en fait.

Cette semaine, alors que débute véritablement la mandature, des signes nous indiquent la manière, le style de cet homme : court-circuiter toute forme institutionnelle, nommer ceux qui auront le droit de s’opposer au sein de l’assemblée nouvellement élue, désintégrer les Partis, dissoudre dans l’acide du profit maximum le droit du travail, instaurer dans la loi l’arbitraire administratif en y faisant entrer le droit absolu du souverain, mépriser les journalistes.
Le pouvoir absolu corrompt absolument. Rien ni personne ne doit faire obstacle : soumission oblige. Il convoque la représentation nationale pour le lendemain, il veut décider de tout, de vous, de moi, il préside par ordonnances et se veut empereur de tous les Français. Mais un empereur dont la défaite de Sedan est déjà en germe. Waterloo est toujours derrière Austerlitz.

Il n’est pas besoin d’être prophète pour prévoir que vont bientôt disparaître l’enthousiasme béat pour le jeune couronné, l’emportement médiatique de ces derniers mois, la macromania partagée par beaucoup.
La dure réalité reprendra alors son cours.
Celle de la loi du plus fort, du laissé faire qui protège les puissants ; loi terrible d’un monde qui laisse et abandonne des millions d’hommes.
Le président n’est fort que de notre faiblesse. Il incarne à lui-seul cet unique objectif tel un défi lancé à notre intelligence : comment faire pour qu’une minorité continue d’exercer les pleins pouvoirs sur tous ?

François Baudin

jeudi 22 juin 2017

Aucun jeune migrant à la rue !

Pour un pays, la manière de s’occuper des mineurs est révélatrice de ses mœurs politiques.
La façon de traiter les personnes mineurs, enfants et adolescents, est le miroir éthique qui permet de voir comment une nation considère les hommes qui vivent sur son territoire.
Or la France qui se prétend la patrie des droits de l’homme, ignore et même maltraite des enfants, cette partie de l’humanité considérée depuis la nuit des temps comme la prunelle de nos yeux.
Les enfants parce que plus fragiles, plus dépendants, plus en danger, doivent être prioritairement secourus, pris en charge.
Il faut savoir qu’en France, des milliers et des milliers de mineurs inconnus de l’administration, ignorés des pouvoirs publics, circulent sans rien, sans subsistance, sans secours, sans toit, sans papier, sans argent.
Ils ont fait des milliers et des milliers de kilomètres à pieds, en bateau, depuis l’Afrique sub-saharienne, avant d’arriver dans notre pays. La plupart ont disparu en cours de route : le désert africain en a dévoré une partie, des passeurs, des bandits les ont rackettés et violés en chemin, d’autres se sont noyés au large de la Libye ou du Maroc.
Quelques-uns ont réussi à venir jusqu’à nous, parfois après des années de route. Ils sont les Ulysse des temps modernes.
Cette histoire n’est pas une légende qui restera pour des siècles dans nos mémoires humaines, mais elle est le cauchemar de l’humanité qui pendant longtemps viendra hanter nos nuits. Qu’avons-nous fait pour les sauver ?
Nous, Occidentaux, qui sommes les principaux responsables de la situation dans laquelle on les condamnés : leur pays d’origine a disparu, il n’est plus un pays ; on est venu le détruire, l’exploiter, le piller, y placer nos hommes corrompus. Et nous y intervenons régulièrement pour y maintenir notre ordre par la guerre.

En France, il ne doit y avoir aucun jeune migrant dans la rue. Le droit international, les droits de l’enfant nous y obligent.
Depuis plusieurs mois, le Réseau Education Sans Frontière (RESF), la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), la CIMADE alertent les élus du Conseil départemental de Meurthe et Moselle sur les graves lacunes de la prise en charge de jeunes migrants isolés dans notre département.
Pourquoi les pouvoirs publics ne sont-ils pas préoccupés par l’intérêt supérieur de l’enfant ?

Il a fallu, mardi 20 juin, que des militants associatifs accompagnant dix jeunes migrants dont certains malades, viennent occuper les locaux du Conseil départemental de Meurthe et Moselle, pour qu’enfin une solution d’hébergement soit trouvée.
Cinq heures de discussion entre la délégation humanitaire, les élus du département et les services de l’Etat, ont été nécessaires pour que ces jeunes Africains, Congolais, Maliens, Sénégalais isolés et sans secours, soient assurés de dormir à l’abri, reçoivent un repas, aient accès à une douche, et soient suivis médicalement et socialement.
Ces enfants ont bravé des dangers pour venir jusqu’à nous.
Soyons dignes de les recevoir, soyons à la hauteur de leur courage et de leur détermination.

François Baudin 

jeudi 15 juin 2017

L'enfer de Calais


Il est des lieux où souffle l’esprit, écrit-on de manière métaphorique, pour appeler les hommes à l’écoute du monde. Ces lieux sont partout sur la Terre ; et l’homme quand il prête l’oreille est en capacité d’entendre ce que chaque endroit lui raconte.

Il est des lieux qui sont des trous noirs de l’information comme certains journalistes le disent parfois. Jamais ces lieux sont en capacité d’être écoutés, non pas parce qu’il ne s’y passe rien, mais parce qu’on refuse de les entendre pour de multiples raisons. Une censure s’exerce sur ces lieux parce qu’ils sont les révélateurs de notre monde tel qu’il va. Il faut que l’évènement crève l’écran pour qu’enfin on en parle, sinon les hommes restent ignorants à ce qui s’y déroule.

Enfin il est des lieux où l’humanité peut avoir honte qu’ils existent encore : La jungle de Calais, si bien nommée jungle car ce qui s’y passe est le signe évident que l’homme est capable d’oublier son humanité.
Capable de rester sourd à la souffrance de l’autre homme qu’on laisse là dans sa nudité, son malheur, son agonie.
La déclaration universelle des droits de l’homme dit que l’humanité ne peut pas laisser une autre partie d’elle-même sans soin, sans toit, sans nourriture. Les droits de l’homme fondent les droits des citoyens. Les droits des citoyens sont attachés à un territoire et aux être humains qui y habitent, selon certaines conditions. Les droits de l’homme ne relèvent d’aucun endroit particulier, d’aucun territoire, d’aucune nation, ils concernent tous les hommes quel que soit le lieu où ils habitent, quelle que soit leur origine. C’est un minimum pourrait-on dire.
Or nous sommes bien dans l’obligation de reconnaître qu’en France qui prétend être la patrie des droits de l’homme, il existe des endroits où elle ne les respecte pas. Des lieux où elle laisse dans le plus grand dénuement, des femmes, des enfants, des adultes, venus d’autres endroits du monde où toute vie est devenue impossible.
A Calais, la France abandonne, sans eau, sans nourriture, sans soin, sans toilette, des êtres humains. Non seulement elle les abandonne, mais elle empêche d’autres êtres humains de venir à leur aide. Elle envoie sa police sur place, elle surveille les abords, elle enferme et punit, elle chasse toute bonne volonté, elle met le feu aux habitations de fortune, elle détruit le peu de nourriture qui reste, elle matraque.
Les ONG ne peuvent plus faire leur travail à Calais, on les empêche, on les pourchasse, on détruit les biens qu’ils apportent, notamment les repas qu’ils viennent distribuer : on parle depuis quelques jours d’exactions des forces de l’ordre à Calais.
La consigne des autorités : zéro migrant. Les pouvoirs publics français souhaitent que le monde entier sache que Calais est un enfer sur terre et qu’il ne faut pas s’y rendre, comme à Alep, à Tripoli en Libye, à Mogadiscio ou à Mossoul. Blessures, violences, faim, saleté repoussante, gazage sont le quotidien de centaines et de centaines d’êtres humains qui ne souhaitent qu’une chose : quitter Calais, partir au plus vite vers l’Angleterre, terre  qui leur est refusée.
La guerre menée par la France contre les pauvres venus d’autres parties du monde est implacable, sans pitié.
Il s’agit d’un vrai scandale d’Etat.
Il est des lieux en France où l’esprit ne doit plus souffler, seul le vent mauvais du Léviathan y règne.
François Baudin


vendredi 2 juin 2017

La morale et la politique


Jamais les maux de la société ne viennent du peuple, mais toujours de ceux qui les gouvernent. La misère des peuples est le crime des gouvernements.
                                                                                                    
Pourquoi ?
Parce que l’intérêt du peuple se confond automatiquement avec l’intérêt général et le bien public. Et aussi parce que dans la plupart des cas, l’intérêt de l’homme en situation de gouverner correspond à son intérêt personnel. L’homme qui gouverne a une volonté individuelle et toute volonté cherche à dominer. Or un gouvernement est institué pour faire respecter la volonté générale.
Pour que la volonté de celui qui gouverne aille dans le sens de l’intérêt général, l’homme politique doit sacrifier son intérêt personnel et se préoccuper uniquement de la chose publique.
La politique n’est juste et morale que si elle est désintéressée. L’homme politique doit être uniquement guidé par l’intérêt général.

Cette loi naturelle et humaine, déjà précisée par Robespierre le 10 mai 1793, a été confirmée à travers tous les siècles. De tout temps les hommes parce que corruptibles profitèrent du pouvoir qui leur était donné pour s’enrichir et augmenter leur puissance. 

Comment faire ?
Seule une démocratie véritable pourra nous libérer de cette contradiction entre intérêt personnel et intérêt général, car tout pouvoir individuel est le fléau de la liberté.  
Plus les citoyens auront leur mot à dire, plus ils participeront aux affaires de l’Etat, aux affaires publiques, moins l’individu qui le représente pourra le tromper, lui mentir et s’enrichir.

On ne compte plus le nombre de lois visant à moraliser la vie publique, toujours détournées de leur sens, insuffisantes et vaines. 
A chaque fois le législateur tout préoccupé qu’il est par la puissance du gouvernement, oublie le sens même de son élection : défendre l’intérêt général et non celui particulier d’une classe sociale, d’une oligarchie financière ou d’une élite entrepreneuriale, défendre des intérêts privés représentés par des lobbys multiples et nuisibles à l’esprit démocratique. Ce qui en définitive le rend complice de la misère, du chômage de masse, de la désespérance qui traverse les peuples.
La vertu politique perd alors tout crédit dans la bouche de celui qui ne la pratique pas pour lui-même.
En marche ! : Cet appel à marcher tous ensemble est risible et contreproductif alors que d’autres avancent confortablement assis sur des chaises à porteurs.
Où sont aujourd’hui les vertus civiques alors que cette semaine encore, on apprend que les inégalités en France ne cessent pas de se creuser. Le nombre de chômeurs a été multiplié par deux en dix ans. 60% des enfants d’ouvriers sortent du système scolaire sans diplôme. 1122 années de SMIC représentent le revenu annuel du PDG de Renault-Nissan. 50% du patrimoine français est détenu par les 10% des plus fortunés. Presque 2 millions de travailleurs vivent sous le seuil de pauvreté en France. L’augmentation des revenus des 10% des plus riches s’élève à 42,4 milliards d’euros.
Seuls ceux qui gouvernement sont responsables de ce dérapages des inégalités jamais vues depuis le début de la République. Oui répétons-le : la misère, les difficultés grandissantes de nos concitoyens sont les crimes des gouvernements successifs.

François Baudin 

vendredi 19 mai 2017

Les masques vont tomber



En mai 2017, face à la crise globale, les élites qui dirigent la France ne peuvent plus se satisfaire d’un système d’alternance « gauche » / droite qui a dominé pendant des décennies. Cette alternance a pu pendant longtemps donner l’illusion d’un changement possible grâce à des élections permettant à des espérances et des mécontentements de trouver un débouché dans les urnes.
C’est ainsi que la démocratie parlementaire telle que nous la connaissons dans le monde occidental depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale s’est mise en place pour durer très longtemps. Dans presque tous les pays d’Europe et aussi en Amérique du nord : deux partis dits de gouvernement ont dominé les différentes scènes politiques.
Démocrates et Républicains aux Etats-Unis, Sociaux-démocrates et Démocrates chrétiens en Allemagne, Labour Party et Conservateurs en Angleterre, etc, etc.
Et puis soudain ce système qui pouvait donner l’illusion d’un changement démocratique s’est mis à déraper un peu partout. Sur les marges, des groupes plus radicaux sont apparus qui mettaient en danger le système lui-même.

Pourquoi ?

Parce que quel que soit le résultat des urnes, ce qu’on appelle les réalités économiques et sociales imposent leurs prérogatives. Donc dans la plupart des cas les promesses électorales ne pouvaient pas être réalisées, et restaient à tout jamais des promesses qui n’engageaient pas celui qui les avaient tenues. Des experts nous disent et nous répètent chaque jour que rien n’est possible. L’impossible domine et pénètre dans nos esprits. Dans un monde totalement interdépendant, on ne peut rien faire et la politique n’est là que pour intervenir dans les marges et gérer au mieux les réalités qui nous tombent dessus un peu comme des calamités naturelles. Les réalités aujourd’hui se nomment chômage de masse, licenciements, fermetures de sites industriels, abandon de territoires entiers, inégalités monstrueuses dans le monde et notamment en France, etc, etc.
Le fameux concept de gouvernance a remplacé l’idée de gouvernement. La gouvernance nous dit que rien n’est possible et qu’il faut piloter le navire au mieux. L’idée de gouvernement est bien différente ; elle nous dit l’inverse elle dit tout simplement qu’il est possible de changer une réalité.
Donc face à la menace de voir balayer dans les urnes cette idée d’alternance parlementaire impuissante, qui de fait ne correspond à aucun changement véritable mais vise à la poursuite de ce qui existe déjà, l’élite qui gouverne véritablement le pays a inventé un homme nouveau. Homme providentiel, nouvel artiste de la politique qui donne l’illusion de créer du neuf alors qu’il ne pourra que poursuivre l’ancien mais avec un vernis plus brillant. L’oligarchie économique a trouvé son candidat en Emmanuel Macron qui a pu à la faveur de la montée de l’extrême droite s’ériger en sauveur de la République.
L’idée de cet homme est de rassembler et d’unir en une seule offre le libéralisme économique tel qu’il domine actuellement et le libéralisme culturel défendu par la gauche de gouvernement. Ce libéralisme unifié trouve son expression la plus accomplie dans les traités économiques internationaux, tel TAFTA et aussi dans les traités européens. Traités qui mènent à la ruine de l’idée européenne. Face à la menace politique qui plane un peu partout, la gauche et la droite sont dans l’obligation de s’unir sur l’essentiel : faire bloc afin de poursuivre ce qui est.
Pour arriver à ces fins, Emmanuel Macron doit passer par la case destruction des anciens partis traditionnels. Ce qu’il fait actuellement.
Cette stratégie n’est pas sans danger, car si elle réussit, le masque hypocrite d’une pseudo alternance parlementaire va tomber. Et l’élite qui dirige véritablement n’aura plus qu’un seul visage. Le sien qu’on pourra facilement identifier. Il s’agira alors d’une véritable clarification.

François Baudin  

jeudi 11 mai 2017

Le piège de l’élection

Parfois, il vaut mieux rester silencieux quelque temps au moment des élections. Quand la situation est telle que toute prise de position entraîne une confusion, un malentendu.
Beaucoup, et j’en suis, se sont sentis pris dans un piège, un peu comme si tout l’horizon, ou même toute espérance, avait été bouchée par l’échéance électorale.
Quoique nous fassions, quoique nous disions, nous étions prisonniers.
Heureux ceux qui avaient les idées claires, heureux ceux qui croyaient à leur vote.

Est-ce qu’une démocratie véritable, est-ce que la politique se résume à 5 minutes dans un isoloir tous les 5 ans, alors qu’il nous était rappelé journellement que le destin de la France s’y jouait irrémédiablement ?
Le destin d’un pays tout entier peut-il être décidé en quelques secondes à travers des petits papiers où deux noms apparaissent, dont un largement inconnu il y a à peine une année ?
Est-ce être un citoyen actif que de se satisfaire de cet ersatz de démocratie ?
Est-ce démocratique que de devoir remettre son destin et celui de son pays à une femme ou à un homme providentiel. Il n’est pas de sauveur suprême, nous dit la chanson.

Le choix pour un très grand nombre ne pouvait être qu’une négation. Un refus. Voilà le piège de l’élection : être le petit poisson dans un filet, Chaque geste, chaque mouvement nous enferme encore un peu plus et nous emporte vers la disparition.
Alors pour un grand nombre d’entre nous, le mieux était de ne pas bouger, de ne pas se rendre dans les urnes. Ou bien d’y mettre un bulletin blanc ou nul.

Il ne faut pas oublier que la démocratie est une affirmation.
L’affirmation d’un autre monde pour lequel on s’engage. La démocratie c’est le débat, l’échange réciproque de tous avec tous.
L’affirmation démocratique ne peut se satisfaire d’un système électoral où il suffit de se rendre seul à échéances régulières dans un endroit particulier, afin d’y remettre son propre pouvoir sans garantie. L’isoloir est souvent le lieu de la démission démocratique.

Heureux et naïfs aussi sont ceux qui ont cru affirmer quelque chose à travers leur vote.
La plupart a voté par défaut et c’est comme si cette élection leur avait été volée.
Peut-on continuer ainsi et vivre en permanence dans le refus ? Jamais un refus ne pourra affirmer quelque chose. La négation porte la négation.
  • Le refus d’un régime autoritaire fondé sur l’exclusion, le repli, la fermeture, la peur et parfois même la haine de l’autre.
  • Le refus d’une mondialisation telle qu’elle se révèle actuellement : libérale, sauvage, violente pour le plus grand nombre, où l’individualisme règne et où le seul critère de réussite pour l’humanité est l’enrichissement personnel. Un monde contemporain qui laisse sur le bord du chemin des milliers et des milliers d’individus.

Pour ceux qui ne veulent ni d’un monde haineux et replié sur lui-même, ni d’un monde dominé par l’argent et l’individualisme, aucune voie nouvelle ne leur était proposée.
Le système démocratique en vigueur a montré au cours des dernières semaines ses limites. Il est rare dans l’histoire que des élections accouchent d’un véritable changement.
Ceux qui ont affirmé et voulu quelque chose de positif dans ces élections risquent d’être à nouveau déçus dans les années à venir.

François Baudin