jeudi 2 avril 2015

Etat français de surveillance généralisée ?


Suite aux attentats de janvier, le gouvernement a souhaité réformer la loi sur le renseignement en France qui datait de 1991. Un peu comme la réforme du Patriot Act américain avait suivi les attentats du 11 septembre 2001.
C’est ainsi qu’un projet de loi Renseignement a été adopté en Conseil des ministres le 19 mars dernier. Ce projet avance très vite actuellement, puisqu’il a été présenté le 1er avril dernier en commission à l’Assemblée nationale pour être examiné par le Parlement en séance du 13 avril.

Pourquoi actuellement de très nombreuses associations de défense des libertés comme Amnesty international ou la Ligue des droits de l’homme, s’opposent-elles à ce projet ?
Parce que des gens honnêtes vont forcément être surveillés, des gens comme vous et moi, comme des millions et des millions d’Américains le sont aujourd’hui.
On pourra toujours répondre que les gens honnêtes n’ont rien à craindre car ils n’ont rien à cacher. N’oublions jamais que c’est ce même type d’argument qui prévalait en Union Soviétique autrefois. On pouvait surveiller tout le monde et celui qui n’avait rien à se reprocher, n’avait rien à craindre.
Certains principes de notre droit comme l’inviolabilité du domicile, le secret de la correspondance (électroniques ou par lettre), la préservation de la vie intime, ne sont pas abstraits.

Selon Jean-Marie Delarue, l'actuel président de la commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité, le difficile équilibre entre exigence de sécurité et libertés individuelles est mis à mal par ce projet. D’après lui, il faut s’y opposer. Et aujourd’hui il n’est pas trop tard pour que cette loi ne soit pas votée en l’état par le parlement français.

Quels sont les dangers concrets contenus dans cette loi ?
Par ce projet le gouvernement souhaite légaliser des pratiques illégales de surveillance.
La loi si elle était votée, élargirait la population qui peut être surveillée par rapport à celle visée actuellement par les interceptions de sécurité. Le risque est grand de voir chaque citoyen français devenir une cible potentielle.
Alors qu’auparavant la loi précisait que ces interceptions étaient réalisées à titre exceptionnel, les motifs pour lesquels on pourra être écouté sont élargis, puisqu’on y met désormais la politique étrangère et l’exécution des engagements européens et internationaux. Or nous sommes tous amenés un jour ou l’autre à devoir nous opposer, ou même à être ami avec quelqu’un qui s’oppose, à la politique étrangère de notre pays, ou s’oppose à un engagement commercial ou européen de la France.

Enfin c’est l’emploi de techniques de captation des données qui pose un sérieux problème pour les libertés. La nouvelle loi prévoit que les agences de renseignement seront autorisées à pirater les ordinateurs et pourront espionner les communications de toute personne ayant été en contact, même par hasard, avec une personne suspecte. Le projet de loi prévoit en outre que ces mêmes agences pourront réaliser ces opérations sans devoir obtenir d’autorisation judiciaire.
 Cette loi liberticide constitue une grave atteinte à la vie privée des citoyens, comme des journalistes ou des militants associatifs travaillant sur des sujets considérés comme sensibles par le pouvoir en place.
Nous ne pouvons accepter que la sécurité se fasse au détriment des droits et des libertés individuelles.

La lutte contre le terrorisme ne doit pas mettre à mal la liberté de tous et la citoyenneté.

François Baudin

vendredi 27 mars 2015

Rien ne va ! Le temps est hors de ses gonds.


Aujourd’hui, dans maints endroits du monde les minorités nationales, ethniques, religieuses, sont inquiètes. Par exemple en Inde depuis l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite représentée par le Parti du peuple hindou, les Musulmans et les Chrétiens dénoncent les tensions croissantes et les exactions nombreuses dont ils sont les victimes et qui ont déjà provoqué la mort de milliers de personnes.
Les attaques meurtrières contre les minorités se multiplient dans le sous-continent indien. Un sentiment de peur et d’inquiétude se développe à juste titre parmi les populations. Le caractère séculier de la constitution indienne est mis à mal depuis un bon nombre d’années. La liberté religieuse tant prônée par le Mahatma Gandhi, est oubliée depuis des décennies.
Au Pakistan, pas une semaine sans apprendre la mort de Chrétiens victimes d’attentats et d’exactions. La situation de cette minorité religieuse est dramatique et l’abandon international et même l’oubli médiatique dont ils sont victimes renforcent encore le sentiment d’injustice. La détresse des minorités pakistanaises est grande et notre responsabilité internationale évidente.
Au Proche et au Moyen Orient, les minorités religieuses sont en train d’être éradiquées. Hier vendredi, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a porté la question des Chrétiens d’Orient devant l’ONU.
Cette région du monde bascule inexorablement dans la violence, la destruction, et la persécution de son prochain sous prétexte qu’il est différent. La réélection récente de Netannyahou en Israël est annonciatrice de lendemains funestes.
Situation incandescente de cette région, dont on ne connaît pas l’issue.

En France même, pays pourtant animé par un idéal laïque et démocratique fondé sur la citoyenneté, l’égalité de tous et la liberté, il est difficile aujourd’hui d’être musulman, et de pratiquer sa religion en toute quiétude. Les attaques, les caricatures de toutes sortes, les amalgames xénophobes et racistes dont les Musulmans sont victimes, créent parmi cette minorité un climat d’inquiétude. Suffit d’aller discuter avec des Musulmans français pour s’en convaincre.
Pour ce qui concerne nos pays démocratiques, il faudra toujours rappeler qu’une liberté d’expression mal employée peut blesser la dignité des personnes en offensant leurs convictions les plus intimes. Ces blessures répétées depuis des années à l’encontre d’une partie de la population française le plus souvent exclue, sème la violence. Rappelons que s’il existe un droit de critiquer, il n’existe pas de « droit d’offenser ».
La liberté d’expression qui est un droit fondamental, implique une obligation de responsabilité. Cette responsabilité de celui qui a la possibilité et la chance de pouvoir s’exprimer publiquement, doit toujours s’accompagner d’une vision du bien commun. La liberté d’expression ne doit pas être mise en oeuvre dans un but d’offenser et de faire rire aux dépens de celui qui n’a pas les moyens de répondre. Chacun a le droit d’être respecté dans son être et dans ses convictions.
La coexistence dans un monde pluraliste est une obligation pour tout le monde.

Aujourd’hui on a le sentiment que le temps est sorti de ses gonds.

« Ô sort maudit » répète Hamlet dans la pièce de Shakespeare, rien ne va ! Le temps est hors de ses gonds.
Et l’homme juste pense qu’il doit et qu’il peut le rétablir dans ses attaches, c’est-à-dire dans son sens, dans sa direction.
L’indignation de l’homme face à l’injustice, à la violence, est un moteur essentiel de accomplissement du monde dans lequel nous vivons.
L’indignation ne peut être sans l’entente du sens que le monde nous livre quotidiennement, de sa courbure et de sa désarticulation.

Le désir de rétablir une droiture, une justice, est celui de combler une différence, de la résoudre. Elle nécessite l’écoute de son prochain, de son cri et de sa souffrance.


François Baudin

dimanche 22 mars 2015

Un printemps d’espoir : un poème de Ziad Medoukh



Malgré notre souffrance infinie,
Nous attendons cette saison.
Malgré l’enfer à ciel ouvert de Gaza,
Malgré le mur de la honte de Cisjordanie,
Malgré l’horreur au quotidien
En dépit de toutes les actualités ténébreuses et macabres :
Crimes, larmes, sang, atrocités, deuils
Malgré toute cette injustice,
Nous rêvons de la belle saison,
Saison de paix, de lumière et de soleil en liberté,
Saison qui nous fait oublier l’année meurtrière sur notre rive écartelée,
Saison de belle abnégation et de belle résistance,
Saison de journée de la terre et de belle poésie,
La terre qui a bu tant de larmes et de sang,
Et la poésie
Si puissante,
Si profonde,
Un plaidoyer pour la paix,
Poésie qui permet de pressentir la fragilité de la vie
Mais qui en chante la beauté, qui en célèbre la splendeur
Avec les vifs élans du cœur.

Notre printemps même oublié est un jardin fleuri,
 C’est un ciel décoré de brillantes étoiles
Il efface le souvenir de toutes les nuits pénibles
Il ensoleille nos monts, nos collines et nos vallées
C’est un printemps qui se moque du vacarme abominable des bombardements.
Quand le printemps palestinien est là,
Il fait toujours beau.
Sa beauté ne laisse personne indifférent
C’est un printemps de joie et de sourire
Et pour nous, chaque sourire est un combat gagné !

 Avec le printemps, il est possible d’arracher une ligne d’espoir
Avec le printemps,
Notre peuple garde en lui confiance, fierté, union, solidarité et vigueur
Et nos enfants retrouvent légèreté, insouciance et rire.
Au printemps, la colombe de la paix déploie ses ailes.
La terre se révolte contre les oppresseurs.
Les pierres sont vivantes
Et les oiseaux n’ont pas besoin de ciel pour voler.
Notre martyr est capable de creuser sa tombe dans la liberté du vent
Avec notre printemps, nous semons la paix, alors qu’eux sèment la haine
Eux qui brûlent nos jeunes oliviers de paix
Que nous avons plantés
Dans le champ d’herbe verte,
Un champ gorgé de sang,
Un champ de ruines labourées par nos larmes
Un champ d’horreur dans une Palestine meurtrie.

Notre printemps est riche de sensibilité, de souvenirs, de sagesse et de sérénité
Il transforme notre rire en mélodie et notre visage en un beau paysage
Il résiste jusqu’à l’éclosion de la lumière
Il défie le silence mortel et l’immobilisme macabre
Il apporte un sourire aux opprimés de la vie
Avec son printemps, la Palestine reste digne et droite comme l’obélisque
Son printemps est la source du bonheur
Il est la nourrice de son noble espoir
Un espoir en des jours meilleurs où s’épanouissent les fleurs,
Un espoir inépuisable, un espoir inébranlable,
Un espoir palestinien dans un printemps palestinien !


vendredi 20 mars 2015

Miséricorde



La Pape François a surpris tout le monde en annonçant il y a une semaine un jubilé de la miséricorde qui commencera le 8 décembre 2015.
En ces temps de souffrances répandues dans le monde, en ces temps de perte de sens, de condamnation et de jugement, que signifie ce mot de miséricorde ?
On peut traduire miséricorde par pitié, cœur de pitié, pitié du cœur. 

Face au froid calcul qui semble triompher dans le monde, face aux si nombreuses atteintes à la dignité humaine, face à l’injustice, à l’exclusion et au jugement des uns vis-à-vis des autres, la miséricorde constitue une réponse proposée par le Pape.
La miséricorde est cette démarche qui ne juge pas, ne condamne pas, qui n’interdit pas, mais qui est le centre du christianisme, et qui, guidée par le cœur, est au dessus de la loi des hommes et de leur jugement, au dessus de toute culpabilisation, comme la foi l’était pour saint Paul.
La miséricorde met en avant l’amour, la compassion, l’attention portée à l’autre homme, à son prochain.
La conscience de la souffrance humaine, de la misère, devrait naturellement amener l’homme, s’il écoute son cœur, à la miséricorde, à l’engagement pour soulager son prochain, le libérer de sa peine et des cruautés qu’il subit.

Par la miséricorde nous sommes au cœur de ce que le christianisme enseigne : amour, pardon, engagement et libération de son frère et avec lui.
Dans ces conditions et pas autrement, l’Eglise devient la maison qui accueille tout le monde.

La miséricorde fait que le monde est moins froid et plus juste.
Cette semaine on a vu à Tunis comme en Palestine, en Syrie comme en Irak, au Pakistan et dans bien d’autres endroits du monde, la souffrance humaine crier jusqu’à nous.
Pourtant cette semaine écoulée n’est ni plus ni moins dramatique que les autres.
Mais face à cette situation, que faire ?
Quelle médecine utiliser pour guérir le monde ?
La miséricorde, l’amour pour ce monde et pour ceux qui y habitent, est la réponse proposée par le pape François.

Face à un monde aujourd’hui sans pitié pour les faibles, les pauvres, les exclus, les marginaux, le mot miséricorde sonne comme une provocation capable de renverser la table où ceux qui dominent ne laissent que miettes et portion congrue.

C’est lorsque le pape a découvert en Argentine la misère des favelas, que le mot miséricorde a pris sens pour lui. A cet instant il est devenu chrétien.


La miséricorde résume l’attitude de tout chrétien face à la souffrance et à l’injustice.


François Baudin

vendredi 20 février 2015

Banalité du racisme ordinaire



Pourquoi lorsqu’il s’agit d’un noir ou d’un arabe insulté et molesté dans le métro, la France n’entre-t-elle pas dans une de ses crises d’hystérie collective dont elle a le secret ? Crise déclenchée et favorisée par les médias répétant matin midi et soir qu’un danger vital guette une partie de nos concitoyens. Pourquoi cette relative indifférence médiatique à la souffrance d’un père de famille d’origine africaine ou maghrébine, qui rentre tranquillement du travail et à qui on a refusé violement de pénétrer dans une rame de métro à cause de son origine, à cause de la couleur de sa peau ?
Banalité du racisme ordinaire qui émeut peu de monde. Banalisation tellement partagée par tous que la victime du métro n’a même pas parlé de sa mésaventure. « Je suis rentré chez moi sans rien dire de cette histoire, ni à ma femme ni à mes enfants. Vous êtes la première personne à qui j'en parle, a-t-il dit au journaliste venu l’interviewer. Et puis, que dire à mes enfants ? Que papa s'est fait bousculer dans le métro parce qu'il est noir ? Cela ne sert à rien.»

Pourquoi dans la même semaine, à l’occasion d’un acte antisémite dans un cimetière du Bas Rhin, est-il répété en boucle et sur toutes les ondes, sur toutes les chaînes de télévision que le risque de l’antisémitisme est revenu dans notre pays alors qu’il est évident que ces actes antisémites sont rares, qu’ils ne touchent qu’une infime partie de notre population.
Il ne s’agit pas de les minimiser, car un seul acte antisémite serait déjà un acte de trop. Mais pourquoi ce sentiment d’insécurité est-il à ce point exacerbé ?
Pourquoi aussi cet amalgame entretenu en France et en Europe entre l’antisémitisme qui est une forme de racisme, et l’antisionisme qui est une prise de position politique contre Israël ? Rappelons qu’en France, il y a beaucoup de juifs antisionistes et qui bien entendu ne sont pas antisémites. Favoriser la confusion entre antisémitisme et antisionisme est une façon d’empêcher toute critique politique contre Israël.

D’un côté, on minimise, on ignore même une réalité qui est celle du racisme lorsqu’il touche arabes et noirs, et de l’autre on parle de l’antisémitisme partout, plusieurs jours durant. A propos de l’antisémitisme, on diffuse des émissions spéciales, on invite des experts, on brouille les pistes en amalgamant antisémitisme et antisionisme ; et les plus hautes autorités de l’Etat se déplacent sur les lieux des crimes. Le président de la République François Hollande a fait le déplacement jusqu’au cimetière profané de Sarre-Union, après la visite du ministre de l’Intérieur la veille ou l’avant-veille dans le même cimetière. A-t-il reçu le jeune père de famille d’origine africaine molesté et insulté ?

A propos de l’antisémitisme, on publie des Unes dans tous les journaux, on constitue des dossiers de presse comme cette semaine dans la Croix qui consacre trois grandes pages à la question et rien sur l’acte raciste du métro qui a eu lieu deux jours après.

Cette différence de traitement est tellement énorme, que personne, aucun responsable médiatique ou politique aujourd’hui n’en a conscience, aucune autorité n’y prête attention.
Et on a l’impression que c’est en toute bonne foi, aux yeux de ceux qui gouvernent le pays qu’un acte antisémite a plus d’importance qu’un acte de racisme ordinaire contre un noir ou un arabe. Cette façon discriminante et tout compte fait raciste de traiter la question du racisme en France est éminemment destructrice du lien social, car il ne peut y avoir de discrimination dans le malheur. Un homme vaut un autre homme. Le racisme doit être combattu quelle que soit la victime. Il ne peut y avoir de concurrence et de hiérarchie victimaire. Continuer dans cette voie du deux poids deux mesures aura des conséquences terribles pour notre pays, dont les enfants doivent tous être considérés d’une même façon. Rien de pire dans un pays lorsqu’une partie de ses enfants se considère comme moins aimée. Un acte symbolique fort de la part des autorités est nécessaire sur cette question.

François Baudin


vendredi 6 février 2015

Le courage de la Grèce


Depuis plusieurs jours, en Europe, on a l’impression que quelque chose a changé dans les esprits. Jusqu’à la victoire de Syrisa le 25 janvier dernier, les dirigeants européens répétaient qu’il n’y avait qu’une seule politique possible : celle de l’austérité sans fin pour les peuples.
La voie était tracée à l’avance et nulle part les peuples des nations européennes ne pouvaient y échapper. Nous étions tous sur ce chemin sans espoir qui conduit de difficultés en difficultés, de sacrifices en sacrifices, vers un noir destin.
Il a fallu plusieurs années pour se rendre compte que cette politique plongeait les peuples dans la pauvreté, renforçait les inégalités, et ne permettait en rien de rembourser les dettes contractées massivement par les Etats, surtout après 2008, pour éviter la faillite des banques qui avaient spéculé. Bien au contraire puisque plus le peuple s’appauvrit plus la dette augmente.
De fait cette dette n’a en rien profité aux peuples, mais plutôt aux banques qui ont été sauvées par les Etats. Il est donc tout à fait faux de dire et répéter que les gens ont vécu au dessus de leurs moyens et qu’il faut maintenant payer, comme on paye une faute originelle. Espérons qu’un jour, une analyse historique de la dette soit effectuée, ce qui permettra de connaître la vérité.

Cette idée de la faute, de la dette, est fondée sur celle du péché : Les peuples dépensiers, donc pécheurs, ont ce qu’ils méritent. Ils doivent payer maintenant. C’est l’histoire de la cigale dépensière qui va mourir aux premiers frimas, et de la fourmi besogneuse qui aujourd’hui s’appelle l’Allemagne.
Mais aujourd’hui on s’aperçoit que cette histoire est une fable ; elle est tout simplement fausse, elle ne correspond pas à la réalité économique. Cette fable a même été inventée pour entretenir l’ignorance et faire payer aux plus pauvres ce dont ils n’ont jamais été responsables.
Aujourd’hui grâce aux dernières élections en Grèce, grâce aux différents mouvements qui agitent actuellement l’Europe du Sud, la vérité commence à poindre à l’horizon.
La dette qui ne cesse d’augmenter malgré tous les sacrifices, profite encore et toujours aux plus riches, elle ne fait que renforcer les inégalités.
Le courage en politique est de dire la vérité et d’agir en conséquence. Or la vérité n’est pas celle qui a été rabâchée depuis des années.

La décision cette semaine de la BCE (Banque Centrale Européenne) de couper une partie des vivres aux banques grecques, montre qu’il faudra beaucoup de courage pour s’opposer aux diktats de la finance internationale représentée pas quelques dirigeants politiques qui sont en quelque sorte leurs fondés de pouvoir. Devant cette menace de la finance, les Grecs ne doivent pas être abandonnés à leur sort, mais plutôt soutenus dans leurs décisions, car on a le sentiment aujourd’hui qu’eux seuls représentent l’avenir de l’Europe. La violence de la réaction de la BCE, véritable coup de force contre la Grèce, nous fait découvrir de manière brutale l’impasse actuelle de la construction européenne qui se fait contre la volonté exprimée démocratiquement par les peuples.

L’espoir de jours meilleurs est en train de naître du côté d’Athènes. Mais il ne faut pas penser que ces jours viendront naturellement tel un long fleuve tranquille.

Ne pas étouffer cet espoir est devenu un devoir impérieux, sinon nous aurions, pour une très longue période une dette morale vis-à-vis de la Grèce qui a toujours, à travers son histoire, fait preuve d’un grand courage.

François Baudin

mercredi 4 février 2015

Présence

Présence

Tu es venu aimer ce présent dans ma demeure ouverte aux saisons : hiver comme été, printemps vibrant, automne doux.
Tu es venu purifier le monde de tes bienfaits, de ton miracle répété.
Tu nous as fait quitter l’exil, les lieux maudits de pitié et d’hypocrisie.
Nous n’attendons plus ta venue, tu es là dans ta gloire.
Tu es à venir et déjà-là dans le passage de l’heure éternelle, retrouvée et renouvelée à chaque instant.
Chaque arrêt pour moi maintenant m’est un plaisir pour toujours. : La force de l’amour, le désir de toi, tout ce que j’entends, je vois, chasse à jamais la haine, la rage.
Tout est grâce et extase de vivre dans un monde où enfin l’heure arrive : celle du partage, de la fraternité, de l’amour.
Ô ma mesure sans mesure, ma raison sans raison, mon lieu parfait, ma merveille et mon éternité : Tu es ma destinée sur la terre, le ciel ici-bas, mon éternelle jeunesse, ma santé et ma force.
Ma passion, mon infinie passion.
Je me rappelle, je me souviens, je n’oublie pas, je suis sans oubli. Chaque instant tout me rappelle ta présence.
Ô ma promesse sans peur, sans superstition, sans cette vieille aliénation transie de froid et fausse adoration : Tu es mon ciel sur la terre.
Tu restes maintenant toujours, en moi tu as pris demeure où rien ne sombre, où tout est lumière et jour.
En moi tu fécondes un monde sans colère, sans peur, sans haine. Sans la pendule au coin qui sonne l’heure de la mort à l’instant disparue : L’évidence du passage, le saut dans l’inconnu, le pont qui relie. Tout m’est création neuve à chaque instant advenue.
Ô le souffle, le vent, la course, le parfait…
Ô fécondité de l’œuvre dans ta main où j’habite
Ô terribles éclairs dans mon ciel de tempête
Ô fuite du passé, de toute nostalgie
Ô promesse de l’aube, mesure de vie présente
Abolition de la souffrance
Rêve  
Je vois des foules gigantesques debout triomphantes
Je vois des foules amoureuses
Je sais la nuit passée
Je vois la clarté d’un chant neuf
Le malheur disparu, la froidure des calculs abolie
Je vois la plage et la mer mêlées
Ton visage et tes ailes
Je vois le monde

Aimant.

FBA